venerdì 5 febbraio 2010

New interview with Andy by Le Quotidien

http://lequotidien.editpress.lu/les-sports/8135.html
An English translation here (thanks Fede!):
http://fede-myblog92.blogspot.com/2010/02/ill-do-everything-i-can-in-order-to-get.html

CYCLISME: «Je fais tout ce que je peux pour progresser»
image «Alberto Contador est le meilleur coureur du monde. À moi d'essayer de me mettre à son niveau. Je m'y emploie», explique un Andy Schleck très motivé avant de repartir pour une nouvelle saison.

ANDY SCHLECK s'apprête à s'élancer dans une nouvelle saison 2010 prometteuse. Le dauphin d'Alberto Contador dans le dernier Tour de France fait le point.

Dimanche à Majorque, les frères Schleck, Laurent Didier et Kim Kirchen étrenneront leur saison. Ces épreuves ne sont qu'un simple prétexte à améliorer l'ordinaire de leur entraînement hivernal. Mais justement, pour Andy Schleck, 2010 pourrait lui apporter beaucoup de bonheur. Il évoque ici sa progression, ses adversaires, son équipe, ses objectifs et sa cohabitation fraternelle avec Frank dont il dit même qu'il pourrait remporter le Tour. / Entretien avec notre journaliste Denis Bastien

Majorque, hier sur le coup de 17h30. Les coureurs du Team Saxo Bank reviennent d'une sortie d'entraînement de 200 kilomètres avec 2600 mètres de dénivelé. «Une vraie étape du Tour. Je n'avais d'ailleurs pas roulé autant depuis juillet dernier», sourit Andy Schleck, qui se confesse volontiers à trois jours de sa rentrée prévue dimanche à Majorque. L'entretien peut commencer.

Andy, comment vous sentez-vous quelques jours avant le début de votre saison 2010?
Je n'ai pas trop hâte de commencer car les épreuves du Challenge de Majorque sont très dures. Je me souviens, lorsque je commençais ma saison en France par exemple, je trouvais cela un peu plus progressif. Ici, on sait que ça va rouler à bloc d'entrée. Avec quelquefois des parcours difficiles. C'est le début de saison et l'excitation qui va avec. Cela ne tiendrait qu'à moi, je ferais l'impasse pour privilégier l'entraînement car ici, c'est vraiment l'idéal après ce qu'on a connu au Luxembourg la semaine dernière...

Ce sera plus simple les semaines suivantes...
Oui après les épreuves du Challenge de Majorque, ce sera la Ruta Del Sol, Tirreno Adriatico, des courses où on peut progressivement monter en puissance. Mais pour en revenir à Majorque, on prendra la course comme entraînement, évidemment. Pas question d'en faire trop. Bien sûr l'un ou l'autre jour, on peut se retrouver en échappée et là, tenter de faire quelque chose, ce qui est toujours beau lorsqu'on est pro. Mais franchement, nous ne sommes pas là pour ça. Simplement pour bosser avec un climat idéal.

Vous nous l'aviez confessé au cours de cet hiver, au niveau de l'entraînement, votre hiver a été très studieux. C'est un plus que vous ressentez au moment de la reprise?
C'est curieux, au niveau de la forme, je suis peut-être un peu derrière par rapport aux dernières années mais j'ai pris des forces car j'ai travaillé différemment. Je disposerai d'une plus grande condition tout au long de l'année grâce à ça. Par exemple, ici à Majorque, je fais des exercices pour les abdominaux, les fessiers, les jambes avant de partir m'entraîner. C'est important pour moi de suivre ce programme. Je sais que je ne serai pas super bien en début de saison. Mais je sais que la forme viendra au fil des courses. Je serai plus fort d'un point de vue musculaire. Plus les jours passeront, plus j'en aurai le bénéfice. C'est le but que je poursuivais cet hiver. On verra si ça marche au fil des courses.

Nous ne sommes qu'en février et depuis la fin de saison 2009, il n'y a pas une semaine, par médias interposés où on n'évoque le Tour de France 2010 avec ses trois acteurs principaux : Alberto Contador, Lance Armstrong et vous-même...
Oui, c'est comme ça. Mais c'était déjà le cas l'an passé, il me semble. C'est comme ça en fait depuis le retour de Lance Armstrong. C'est toujours la course la plus importante. Le Tour, c'est le Tour. Il n'y a pas d'équivalent. Et le retour de Lance qui cherche de nouveau à le remporter n'a fait qu'accentuer les choses.

Et on présente souvent Andy Schleck comme l'arbitre éventuel d'une revanche Contador-Armstrong. Vous en pensez quoi?
C'est logique je pense qu'on me présente ainsi. J'avais terminé deuxième du Giro (NDLR : en 2007). J'avais remporté l'année suivante le maillot du meilleur jeune sur le Tour en me mettant au service de Carlos Sastre. Et j'ai terminé deuxième l'an passé. Maintenant, je veux essayer de le gagner. Tour cela me semble normal. Mais le grand sujet, c'est quand même le duel Contador/Armstrong. Le plus fort actuel contre l'ancien plus fort. Lance est très, très motivé et il parle beaucoup, alors c'est vrai qu'on évoque beaucoup ce duel pour 2010. Moi, j'essaie de rester un peu en retrait et de faire mon truc. Je fais tout ce que je peux pour progresser, pour être plus fort. Mon but reste de gagner le Tour de France un jour. Le reste, ce n'est pas mon problème. J'essaie de ne pas trop m'avancer dans la presse. On verra tout ça à Paris. Mais entre-temps, il y a les classiques. Et ça, c'est important pour moi!

Les stages de préparation se sont enchaînés. La composition de votre équipe a été modifiée durant l'inter-saison. Comment jugez-vous donc le Team Saxo Bank version 2010?
Le niveau est vraiment très haut et je ne dis pas ça pour faire bien. L'équipe est plus jeune mais plus forte, j'en suis convaincu. Jakob Fuglsang a encore progressé. Il est le plus fort d'entre nous en ce début de saison, il est vraiment impressionnant. Il y a une super entente entre nous, c'est important. D'ailleurs, si je regarde pour les classiques, nous avons l'une des meilleures équipes au monde. Si je regarde pour le Tour, nous avons aussi l'une des meilleures équipes. Il n'y a que notre équipe qui peut dire ça. Regardez pour l'étape de pavés du Tour 2010, une étape qui fait beaucoup parler. Avec des gars comme Fabian (Cancellara), Stuart (O'Grady) et Jesn (Voigt), je n'ai aucun doute, je sais qu'on va bien la négocier.

Le fait que Saxo-Bank ait annoncé la fin de son partenariat avec votre équipe pour la fin 2010 accroît-il la pression sur vous, les coureurs?
Non, pas du tout. Je me souviens que lorsque CSC s'était retiré, l'annonce avait été faite en fin de saison. Là, on le sait bien en avance. De toute façon, nous, coureurs, on fait le maximum. C'est aux patrons de l'équipe de retrouver un repreneur intéressé. Je pense que Bjarne va y arriver. Et si possible, le plus rapidement possible afin de faire resigner les coureurs importants.

Avec Frank, vous avez vécu des moments importants et émouvants depuis 2007 sur des courses de premier plan mondial. Après le Tour de Lombardie 2007, Liège-Bastogne-Liège 2008, Liège-Bastogne-Liège 2009 et le Tour 2009, quelle est la prochaine étape, le prochain coup de flingue des frères Schleck?
Ce serait bien d'arriver à monter tous les deux sur le podium final du Tour, à Paris. C'est notre rêve à tous les deux. Mais d'ici là, il y a les classiques ardennaises. Moi, je viserai l'Amstel, Frank, Liège-Bastogne-Liège. On verra bien. Frank, je le sens bien cette saison et dès Paris-Nice, il peut briller. Lui aussi a beaucoup changé durant cet hiver. Il est encore plus motivé qu'avant. Sa vie a changé. Il s'est marié, Martine attend une petite fille. Il va faire une grande saison. Tout le monde parle de moi, mais lui a une vraie carte à jouer. Même pour le Tour.

Pour la victoire?
Oui, même pour la victoire.

C'est un gros avantage pour vous d'évoluer, ainsi, à deux?
Oui ça l'est. Ça nous permet beaucoup plus de choses. Mais pour la première fois, ici, je ne partage pas la chambre avec lui car je me retrouve avec Laurent (Didier), mon bon copain qui va démarrer sa carrière professionnelle, ici à Majorque (lire par ailleurs).

Malgré votre jeune âge, vous suscitez une forte attraction médiatique qui va crescendo. Comment gérez-vous cela?
Ça fait partie du métier. Sur les stages de début de saison, tous les magazines ont cherché à nous rencontrer, moi et Frank. Des télés également. Cela fait partie du métier et j'essaie, quand je le peux, de faire ça avec plaisir. Un jour, plus tard, je serai peut-être content de relire tout ça. Après, c'est quelquefois difficile à gérer. Car au fil des années, j'ai compris qu'il faut aussi penser à la récupération. Comme il est important de savoir déconnecter et se garder un espace libre, en dehors du métier, rien que pour toi.


Quatre bonnes raisons pour croire en lui


1
De l'avis de tous ceux qui ont partagé ses entraînements tout au long de l'hiver, que ce soit lors des séances de musculations, de natation, ou lors de simples sorties dans les bois sur un vélo de cyclo-cross mis à sa disposition par Specialized, Andy Schleck fait preuve d'une terrible motivation, une motivation jamais atteinte jusqu'ici. Bref, son hiver, la base de toute réussite en cyclisme, a été bien rempli.

2
Lors du stage de préparation à Fuerteventura, Andy Schleck a longuement revu sur vidéo les étapes clés du Tour 2009. «J'ai compris qu'il ne fallait jamais lâcher d'une semelle Contador en montagne, ne pas lui laisser prendre un mètre. Sinon, c'est foutu...», a-t-il conclu. Bref, ce visionnage n'était pas inutile.

3
Son association avec Frank, son frère, son meilleur ami, comme ils aiment à le rappeler est unique. Quelquefois décriée, à tort, l'avenir démontrera que cela fonctionnera sur le Tour. «Lui aussi, je le sens capable de le gagner», confesse-t-il, hilare.

4
Lorsqu'il s'élancera dans son troisième Tour de France, Andy aura tout juste 25 ans. Si Contador a remporté son premier Tour à 24 ans bien sonné, Armstrong a attendu ses 27 ans pour s'imposer à Paris. Idem pour Miguel Indurain...

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